Sa Sainteté le Dalaï Lama

On connaît désormais bien en occident Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama en tant que chef temporel et spirituel des tibétains en exil, prix Nobel de la Paix.

Mais un autre aspect de sa personnalité est peut-être moins connu. Sa Sainteté, qui se décrit volontiers comme un simple moine est également un enseignant de la philosophie bouddhiste parmi les plus érudits. Ses enseignements attirent de très nombreux pratiquants et sympathisants dans tous les pays du monde.

C'est dans ce cadre, que s'organise sa venue à Toulouse. Sa Sainteté le Dalaï Lama répond à l'invitation de plusieurs centres bouddhistes tibétains qui, pour l'occasion, se sont fédérés en l'association : Chemins de Sagesse - Toulouse 2011.

Visite du Dalaï Lama

Son séjour dans la ville de Toulouse est prévu du samedi 13 août au lundi 15 août 2011.
Le programme se divise en deux parties :

Cette visite dans le Sud-Ouest de la France représente pour les étudiants et pratiquants du bouddhisme comme pour toutes les personnes sensibles au message de Paix du Dalaï Lama une opportunité exceptionnelle de nourrir leur démarche en présence de Sa Sainteté. Il est possible de participer directement à cette visite grâce à notre campagne de crowdfunding

Biographie

Sa Sainteté le Dalaï Lama, dont le nom provient d’un titre mongol qui signifie "Océan de Sagesse", est considéré par les bouddhistes tibétains comme une manifestation d'Avalokiteshvara, le Bouddha de la compassion, protecteur et patron du Tibet.

Le XIV ème Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, est né le 6 juillet 1935, dans le village tibétain de Takster, dans une famille de paysans. Deux ans plus tard, Lhamo Dhondroup ainsi appelé par ses parents, fut reconnu comme la quatorzième manifestation du Dalaï Lama, et conduit à Lhassa.

Le 22 février 1940, à l'âge de quatre ans et demi, Le Dalaï Lama fut solennellement intronisé, et reçu le nom de Tenzin Gyatso. Son éducation en tant que Dalaï Lama débuta alors qu'il avait six ans. Sous la direction des meilleurs enseignants du Tibet, il reçut une éducation monastique et une formation très poussée dans la philosophie et la méditation bouddhiste, culminant avec le titre de Géshé Lharampa, le plus haut degré dans la tradition tibétaine.

En 1950, dans un contexte de plus en plus tendu avec la Chine communiste, alors qu’il n’avait que quinze ans, il fut intronisé comme chef spirituel et temporel du Tibet, et dut assumer l’entière direction politique de son pays. Un an plus tard, les troupes chinoises envahissaient le pays. En 1954, il se rendit à Pékin pour tenter de négocier un accord de paix avec Mao Tsé Toung et d'autres dirigeants chinois, parmi lesquels Chou en Laï et Deng Xiaoping. En 1956, à l'occasion du Bouddha Jayanti, la célébration du 2500 ème anniversaire du parinirvana du Bouddha, il fit un voyage en Inde. Nombre de ses conseillers lui recommandèrent de ne pas rentrer au Tibet et de demeurer en Inde. Mais le Dalaï Lama décida de retourner à Lhassa afin de continuer ses efforts en faveur d'une coexistence pacifique avec les troupes d'occupation chinoises.

Les atrocités perpétrées par les chinois dans l'Est du Tibet réduisirent à néant tous ses efforts pour une résolution pacifique du conflit entre la Chine et le Tibet. Les forces d'occupation réprimèrent dans le sang l'insurrection populaire des tibétains le 10 mars 1959. Dès 1960, environ 90000 tibétains avaient déjà péri dans cette ultime révolte. Depuis ces événements, les tibétains commémorent chaque année les victimes du 10 mars.

Face à cette situation, le Dalai Lama fut contraint de fuir de l'autre côté de l'Himalaya, suivi par environ cent mille tibétains. En 1960, il établit a Dharamsala, en Inde, son gouvernement en exil. Depuis, il continue à œuvrer sans relâche et par tous les moyens à améliorer la condition de son peuple resté au Tibet.

Au cours de premières années de son exil, il fit appel à l'Organisation des Nations Unies pour une solution à la question tibétaine. L'ONU adopta des résolutions, en 1959, 1961 et 1965, dans lesquelles la Chine était sommée de respecter les droits de l'homme au Tibet, ainsi que le droit à l'autodétermination.

Au plan des affaires politiques intérieures, le Dalaï Lama et le gouvernement en exil se sont engagés dans la protection du peuple tibétain et de sa culture. Ils s'occupent des réfugiés, soutiennent le développement économique et un système scolaire et universitaire a été mis en place. Plus de deux cents monastères ont pu être rétablis en exil. En 1963, le Dalaï Lama a préparé un projet de constitution, et depuis cette époque, il s'est montré un fervent promoteur de la démocratisation de la société tibétaine.

En plus de ses efforts au nom des tibétains en exil, il continue inlassablement de rechercher une solution non violente à la question tibétaine. En 1987, le Dalaï Lama dévoila un plan de paix en cinq points, visant à clarifier le futur statut du Tibet, et, en juin de l'année suivante, développa plus avant ce plan à Strasbourg. Avec cette initiative, il en appelle à une réelle autonomie pour le Tibet à l'intérieur de la République Populaire de Chine. De plus, il demande à ce que le Tibet soit déclaré zone de paix, que s'arrête la politique de transfert massif de population chinoise au Tibet, qu'y soient restaurés les droits de l'homme, et que soit interdit le déversement de déchets nucléaires. Le plan appelle également à de véritables négociations sur l'avenir du pays.

En 1989, le dirigeant tibétain reçut le Prix Nobel de la Paix pour sa recherche d'un règlement pacifique de la question tibétaine. La déclaration du Comité Nobel est ainsi rédigée : "Le Dalaï Lama a développé sa philosophie de la paix sur la base d'une grande estime envers tous les êtres vivants, et de l'idée d'une responsabilité universelle qui embrasse autant l'humanité que la nature."

En juillet 2001, Sa Sainteté le Dalaï Lama, a fait en sorte que ses propres pouvoirs soient réduits, et, à son initiative, les tibétains ont élu leur premier Premier Ministre en la personne du Professeur Samdhong Rinpotché. A l'occasion de ses voyages, le Dalaï Lama est reçu par de nombreux chefs d'état et de gouvernement. Des personnalités de premier plan dans les domaines politiques, religieux, scientifiques et économiques cherchent à le rencontrer. Régulièrement, il est invité dans de nombreux pays pour parler de ses idées sur la coexistence harmonieuse et un monde de paix, dans le cadre de conférences publiques qui rassemblent des milliers de personnes.

Brèves explications sur le contenu des enseignements

Sa Sainteté le Dalaï Lama va enseigner sur l’Ornement de la Voie médiane (madhyamakalamkara - dbus ma rgyan). Ce texte est l’œuvre majeure de Shantarakshita, l’abbé de Nalanda qui fut invité au Tibet par le roi Trisongdétsen au huitième siècle. Il fut également celui qui donna l’ordination aux premiers moines tibétains. Il est donc vénéré comme étant à la source de la plus ancienne lignée monastique de la tradition tibétaine. L’exposition du Madhyamika que fait Shantarakshita, ainsi que celle de son disciple Kamalashila, mérite d’être notée pour l’utilisation qu’il fait de la position philosophique de l’école Yogacarya, “l’esprit seul”. Au plan de la vérité conventionnelle, les phénomènes sont considérés comme projections de l’esprit et non séparés de lui, alors qu’au plan absolu, l’esprit lui-même est réfuté et présenté comme ultimement sans réalité.

La vue philosophique de Shantarakshita est donc une profonde synthèse des positions Madhyamika et Cittamatra. Elle représente ainsi le dernier grand développement de la philosophie bouddhiste en Inde, et présente un intérêt considérable pour la compréhension et la pratique des enseignements tantriques.